This feeling of being in a world
as dumb as it is wonderful
is a strange and tenacious one

Mon petit chat noir
Aux reflets d'ambre
J'ai peur de ne plus me souvenir
Des contours de ton si joli minois
Alors je les imagine encore
Sous mes doigts
La douceur de ton museau et la courbure de ton petit front
L'espace délicat au dessus de tes yeux
Le frottement joyeux derrière tes oreilles pointues
Et sous ta mâchoire, ce que tu aimais ça !
Hein, dis ?
Et quand je te portais comme un tout bébé chat
Jour après jour
Tu t'y assoupissais parfois
Quand on discutait avec maman
Ton beau ronron dès que je t'appelais
Petite panthère, postée dans son évier
À attendre son brevage
Et lorsque tu appuyais doucement ta tête sur ma jambe
Et que tu t'arrêtais
Tes au revoir silencieux

Mon beau chat noir des campagnes
Le soleil arrache les nuages
Pour rayonner sur tes nombreux jardins !







De mes yeux hallucinés
J'esquisse un sourire devant la beauté
Devant l'attrait !
Sourcils rapprochés en commisération
Est-ce symbole de piété, une forme d'admiration
Ou simplement une sincère considération ?

Se faire expulser de son propre royaume
Ce n'est pas très agréable
Quelle indélicatesse
Alors je pars, mes amis
Découvrir ce que l'on dessine dans le sable
Et que la mer vient recouvrir
De ses vagues enchanteresses
Ce qui est caché au souverain
Ce qui le mettrait mal à son aise
N'est-il point raisonnable
De l'en mettre au parfum
De lui prendre la main et lui dire
Approche-toi, viens
Tu verras ce n'est rien
Que la réalité
Ignore-là, ignore-moi
Elle t'as pourtant remplacée
Elle demeure en ton sein
En ta magnifique demeure




Rien de moins que des moins que rien
Les moineaux bavards et les moines blafards
Ma parole
Mais laissez moi être, aussi
Parfois loin de vous

Un croissant
Rien que pour moi !
Timide indulgence
Continuelle joie

Il est joli d'aimer son croissant
Comme le ferait un enfant
D'offrir à ce mendiant qui réside en mon coeur
Son petit bout de foi

Les peintures qui s'effritent
Et les sols craquelés
Les devantures rouillées
Toutes ces aspérités
Un muret pas fini
Et l'odeur des glycines
Qui pendent sur l'escalier
Ou est-ce le cerisier
Qui surplombe son entrée ?
L'eau s'écoule sur les toits
S'égoutte sur la marquise
Que tu es belle à m'attendre sur le seuil

Sur le chemin j'ai pu m'entretenir
Avec un cheval fort aimable
Une robe rousse et le museau soyeux
Un voile protecteur sur les oreilles et les yeux
Il demeurait seul dans un vaste pré vert
De beaux séquoias, de vieux conifères
Le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux
Une brise charmante ce dernier jour d'avril

Les frites brûlantes de fête foraine
Et son ketchup infâme
Dans cette barquette graisseuse
Barbe à papa vénéneuse
Fumée, toupies
La cloche, souris !
Une lame sous une veste
Et des éclats de rire
Il est temps de rentrer
S'enfoncer sous la couette

N'être point ancré
Est-ce rejoindre les oiseaux ?
Ce flottement délicieux
Le clapotis des vagues

Font-ils semblant de rien, est-ce une dissociation ?
Ou ne perçoivent-ils seulement que leurs préconceptions ?
Profusion de réponses sans questions
À la recherche de nouveaux bouffons
Comme autant de validations
À leurs aveugles observations

Et si mes croyances
je les abandonnais sur le trottoir
Eboueur ! Cinq secondes !
J'oubliais, c'est un monde
toutes mes espérances
et mes états de transes
Ah oui, et aussi
mes inutiles, mes vaines exigences

Qu'il est culotté celui qui sait ses droits
Qu'il est laid, ne trouvez vous-pas ?
Repoussant !
Dégoûtant !
Ecarte-toi de là !
Moribond ! Eh, morpion !
Laisse passer les rois

Mais passez-donc, mes seigneurs
Le soleil est assez grand
qu'il fait reluire vos diamants
en même temps qu'il me réchauffe les pieds, et le cœur

Sans elles, disparaitrais-je ?
M'élèverais-je ?
Apathique, extatique
Pyrrhon errant, mutique
Je reparaitrais dans ce vieux pâturage
pour me repaitre de silence







Devenir fort
N'est-ce pas là le signal
que l'on se sent faible, démuni
rabaissé, amoindri
infantilisé, aussi

Alors on mise et remise
sur un cheval qui galope
dans la pluie
dirigé par un cavalier
tout petit

Et si je n’étais
qu’une hallucination
un trait d’esprit
le fantôme d’une maison

Si j’écris et retransmets
à vos aimables antennes
c’est que plus je m’éloigne
plus il me semble que je vous aime

Et je toque à vos portes depuis l'intérieur
M’ouvrez-vous ?
Puis-je sortir du seuil
m'échapper ?









Mon beau chat digne, élégant
se repose dans l’herbe près de moi
si gracieusement
Un nuage blanc traverse le ciel
silencieusement
Deux larmes chaudes coulent sur mes joues
si soudainement

Nuage rosé d'un rouge clignotant
Passe au travers mes doigts en éventail

Prince et Mendiant

La barque du soir dérive
Une lune flottante sur les vagues
Je lève les yeux au ciel
Une étoile en or

Depuis une fenêtre pluvieuse

Une brume s'élève lentement
Au loin elle enveloppe les collines
Comme une couette couvrirait un lit
Ou un manteau de laine étendu
Sur le corps froid d'un vagabond

Sentir le monde nous échapper
Voir cette immense roue tourner
Reposer sa tête dans l'herbe
Contempler la voie lactée

Les étoiles indifférentes
Semblent nous regarder pourtant

Un croissant chaud au beurre
Quel régal, quel bonheur
Craquant sous la dent, moelleux à l'intérieur
Tendre sentiment dissipe toutes mes peurs
Acceptez cette pièce, contre un morceau de joie

Hélas, parfois
Une honte ombrage mon cœur
N'est-ce pas une écuelle
Jetée au mendiant pour qu'il calme sa faim ?
Clochard affalé dans sa croulante tourelle
Ventre blessé par le peu de moyen
Mendiant décharné, accueillez cette gamelle
Faites maigre becquetance
Et dans la déférence !

L'humiliation, être jeté à terre
L'humilité, y rester, prendre racine ?
L'humidité, s'uriner dessus
L'inimitié, par les autres déçu ?

Est-ce nourrir un pauvre en soi
D'être reconnaissant pour si peu
Est-ce servir le couvert à sa propre indigence
Que d'exulter à chaque timide indulgence
Si c'est une sagesse de se satisfaire de peu
Est-ce une sottise que de prétendre à mieux ?
Est-ce une maladie que nous intériorisâmes
Des coups portés à la dignité de l'âme ?

Je ne peux décemment exiger l'or du ciel
Lorsque mes yeux sont embués de fiel
Il pleut sur ces bols, sur cette humble vaisselle
Ô cesse de chanter cette sinistre ritournelle !

Viktor !
C'est par là même que prend fin ton prénom
Accepte que la brillance n'est pas forcément telle
Que celle qui éblouit, celle qui ensorcelle
Parfois au coin d'une rue une simple poubelle
Resplendis de mille feux baignée de soleil
Le cauchemar prend fin, et maintenant te réveille






Chauffer la flamme, battre le fer
Projeter mes ombres à la lumière
Elles se mettent à danser sous mes yeux
Roses écarlates, tulipes de feux
Comme des étoiles dont la poussière
Tombe en pluie fine depuis les cieux

Je n'en puis plus de la misère
D'être toujours si malheureux
Cette geôle est trop étroite
Pour ces grandes ailes ébréchées
Et mes mains moites, agrippées
S'imaginent des barreaux d’acier

Réveille toi, mon petit diable
Il faut que tu ailles prendre l’air
Pour que démarre cette nouvelle ère
Celle des contes, des jolies fables



Qu'elle était lourde
cette porte
qui s'est enfin refermée !
Et les oiseaux à ma fenêtre
qui s'en réjouissent !
Gloire au soleil rougeoyant
Darde de tes rayons ces labyrinthes
et ces immenses contrées !

Eclairée par la flamme
Ombragée par elle



Si je voue ma vie à elle
Que le Soleil l'éclaire pour l'éternité
Que la Lune la berce pour toujours
Que les fleurs de ce champs éclosent jour après jour
Que cet avion vole sans fin
dans le crépuscule
de cette douce journée d'hiver

Tout près de l'âtre dans mon fauteuil
Mes os se réchauffent dans un bain de feu
Et je m'endors en lisant un chapitre
d'un livre dont j'ai oublié le nom

I mourned the old world
when we felt like it died
just before the storm
actually reached the shore

It’s been lonely for a long time now
Sometimes it feels like I’m walking through some endless haze
Like when the snow is about to fall, and the whole sky feels suspended
I’ve kept my promise all these years
It keeps me warm when the kingdom goes cold
This world I can see
With its soft, violent mystique
The magik I grew up with
Different cities, different homes
Different people in different Bedr00mZ
My nights were spent by the light of dying candles
Streetlamps and trashcans were partners in crime
Being sleepy, sleep-deprived or overslept
Walking with a bundle hanging from a stick
Here, bones looks like letters
Graveyardz like alphabets
Characters appeared to me like ghosts
They knock too hard on my d00r
I must answer them
Open it
Open it, they say

Pour de vrai
Pour de vrai






Est-ce un déficit de l'œil ou bien du cœur
que de prétendre à l'or
Alors
que la boue qui t'enduit les chaussures
te permet d'avancer en mesurant tes pas
en mesurant ton poids
Tu manques de glisser, et alors quoi ?
As-tu peur que la chute te fasses crier d'une voix
que tu ne soupçonnais pas ?

Pour tromper son ennui
ou son vide
ou son monde
Traçons des lignes
des perspectives
cavalières ou aspectives
effrayantes ou réjouissantes
selon l'antenne qui la reçoit
ou bien
la recevra

Cette fois, c'est fini
Le vent a soufflé cette fragile bougie
Celle qui ciergeait déjà, dangereusement
sur le bord de cette grande fenêtre
Sa fine fumée s'est élevée, puis dispersée
cherchant à s'approcher du ciel pour l'épouser
Le brouillard de ceux qui ont choisi leur fin
ne fait que s'épaissir
Reviendront-ils sur terre
sous forme de pluie
ou plutôt
d'ombre et de suie

Lorsqu'on est désargenté
on desserre d'abord sa boucle
On glisse notre ceinture hors de ses passants
pour la poser à plat sur une table
On attrape un couteau et on vient tourner la lame
jusqu'à former un trou neuf
C'est ton ventre qui crie "À table !"
mais c'est ta ceinture qui l'étouffe
Ce n'est pas un sou neuf
mais une économie tout d'même

What's with this lovely song
still beating in my chest?

Le tabou s’efface lorsqu’une honte est vécue
et réussie
La lune n’est qu’une boule dans la mer
L’antenne réceptionne les étoiles
et le chat pose sa tête contre ma porte
pour de vrai

Ce rêve semble pour toujours le prisonnier des ronces
M’est-il donc interdit d’apercevoir le jour ?

Est-ce pour devenir qu’on s’invente un devoir ?
Se donne-t-on une mission pour prétendre à la vie ?

Est-il né pour m’inspirer, ce mal de cœur ?
Et moi, pour lui répondre ?

Et mes souliers qui s’y mettent en m’oppressant les pieds
Qui s’en réjouirait de me voir renoncer ?
Ce vilain trottoir qui me fait trébucher ?!

C’est un comble, voilà que les poubelles s’écrasent
à la vue de ma bouche dégoutée

Si j’avais la haine elle irait quelque part
dans une sombre ruelle où trainent des soulards
ou bien face à la mer pour s’y jeter un soir
quand personne ne regarde
Ô personne ne regarde

Personne, vraiment ?
Est-ce une perte de foi ou l’abandon d’une joie ?

Est-ce que la violence est amenée au triomphe ?
Est-ce qu’elle ronfle quand elle dort ?

Il est bon parfois de vider son sac
et d’y trouver au fond lorsqu’on s’en assure
la voie d’un chemin que la boue obstruait

De son nuage il descendra par l’échelle
dispersera du sable pour que mes yeux se ferment
Ô mon Rêve, Roi des Cieux, reviendras-tu me voir ?







De plus en plus de monde
Mais est-ce qu'ils te contemplent, toujours ?
Est-ce qu'ils te prient pour que s'annonce
un jour nouveau ?
Et puis, lorsqu'ils pensent à l'amour ?
Leur donnes-tu de bons conseils ?
De ceux qui émerveillent ?
Moi qui vouvoie les ombres
je tutoie ta lumière
et m'envole dans le ciel comme une de ces lanternes
Pour se rapprocher de toi
Ô Lune de mon cœur

Parfois la mer se gonfle
pour s'inviter en ville
Une poignée de prisonniers évacuent leurs geôles
Elle fait remonter les richesses oubliées
L'avais-tu oublié ?

J'ai conversé avec les morts
Ils n'ont plus rien à dire
Ils s'émeuvent des choses les plus simples
Se défaire de son enfer
C'est jouer de la plus belle des lyres
Qu'ils disent

Ils nous regardent de haut
mais c'est du ciel
qu'on leur crache dessus

Le cœur trop grand
se blesse
Ne pas s’enfuir
sous les cendres
mais renaître
plus grand encore !

Lorsque la lune
m'éclaire de sa lumière
je ne vois plus trouble
Et pour deux ou trois roubles
je balaye la poussière
qui s'envole depuis la dune

En marchant trop rapidement
j'ai dû manqué à son appel,
vous m'en trouvez fort aise
Du coupe-gorge il s'écriait,
s'égosillait à plein poumon :
un bouffon multicolore
et son accordéon
Il se mettait à jouer plus fort,
n'avait que faire du ridicule
car c'était là son rôle
et pour peu qu'on le trouve drôle
il sourit et gesticule,
grimace tordue de fiel
Gare à celui ou bien celle
qui s'amusera à s'en moquer
car d'un seul coup, mon brave Georges
vous voilà salement poignardé





Comme des offrandes sur un trottoir
éclairés par la lune :
un téléphone neuf et une bouteille
moitié vide moitié pleine
Les nuages, eux, effleurent les étoiles

La mâchoire serrée grince du lit
Cou et épaules s’engourdissent
Le ventre tordu sur mon foie
Les pieds se glacent les jambes faiblissent
La couette s’étrangle autour des draps
Et mes yeux
s'embrument

Le lampadaire éclaire la rue
L'éclair éclaire l'âme
L'âme éclaire la vie


Pieds nus dans l'herbe
Sous l'ombre d'un arbre

Nuages gigantesques
Pluie passagère de printemps
Deux lézards qui se chamaillent

Je suis allé toutes les nuits
Chercher la foi dans ces égouts
Comme un fou qui croit voir ciel
Lorsqu’il descend de son échelle
Et qu’à la lueur d’une bougie
Sous ses pieds sales, rabougris,
Un ruisseau sombre et ses remous.
Il semblait dire dans son murmure
De prendre plume, de tendre l’oreille
Et de noter, énigme obscure,
Ce qu’il avance en reculant.
« On me déverse jour et nuit
Sans un je t’aime, sans un merci,
Les immondices dont on ne veut plus
Et cela me fait grande peine.
C’est bien mon rôle, sois-en certain,
Mais c’est la manière dont certains
Sans procession ont oublié
Qu’ils me connaissent, par le Divin !
Maison sans toit ni sacristie
Ne peut accueillir que les diables
Qui se sont noyés dans la Seine.
Lorsque personne ne les délivre,
Et que personne ne les salue,
Ils dérivent dans la rue
Et meurent sous le joug d’un tyran.
Seulement ce tyran est miroir,
Il ne s’amuse qu’en abusant
Du pouvoir qu’on lui donne
Lorsque l’on n’ôte plus sa casquette
Aux braves poubelles du trottoir.
Petit vois-tu, c’est un serment :
Tu ne dois couler dans tes veines
Qu’un sang opaque teinté vermeil ! »
Et sur ces mots il se tut.
Je remonte à la surface car ma bougie se meurt,
Les détritus m’accueillent, criant « À la bonne heure ! »
Les poissons m’embaument et me prêtent leurs arêtes
Pour me faire une couronne que je mets sur ma tête.





C'est l'automne
mais les feuilles ne sont pas tombées
et ma fenêtre
ne givre pas
Quand la pluie et la mer
se font la bise
c'est si mignon,
c'est si mignon

Dans le silence, je me souviens
de l'eau qui dort,
du jour naissant,
de la brume et de la rosée
Personne à mes côtés pour voir ce que mes yeux reflètent,
ressentir ce parfum qui m'ennivre
Les montagnes m'emportent à mesure
que mes yeux se ferment
dans le calme d'une transe qui prend fin
Le plaisir de voir se lever
un jour nouveau

Le piano résonne dans le silence
emplissant la pièce d'un sentiment étrange
La pluie bat les fenêtres de sa mélodie
et le souffle profond
je code
la nuit

De ses larges pupilles noires,
silencieusement, derrière un tas de décombres
un chat m'observe le regard triste et un peu sombre
Les poubelles brûlent d'une fumée dense
Va-t-il bondir, ou déguerpir ?
Soudain une goutte d'eau tombe sur son nez
Une pluie passagère de printemps
et tout là-haut
un arc en ciel
qui fait pleurer

Un vent de tous les anges
siffle sur les arbres,
souffle sur les feuilles,
s'infiltre de tous côtés
comme pour s'exclamer :
"Vivre ! Vivre ! Vivre !"

Quand viendra le petit jour,
dormiras-tu ?
Ou souffleras-tu
ta bougie ?

Et si ces bateaux au loin
n’existaient plus
comme certaines étoiles
Et si la mer les éclairait seulement
pour nous dire bonsoir

Une personne à genoux me demande
l’heure
Alors, je me prosterne
et le soleil
et mon ombre
lui donnent l’heure

Dans cette grande chambre
Le parquet grince
un lit par terre, et une planche
Un enfant crie dehors ?
Non, c’est un petit
renard
qui veut quitter
sa cour d’école

Lorsque la charrette est passée
je m’y suis faufilé, dans la paille
Le paysan m’a vu, mais n’a rien dit
Et on monte
à Paris

Dans mon balluchon
des pièces d’or
et maintenant je peux enfin
ne plus dormir
dehors


Sans un sou
Plus un sou
Souvenirs du temps
où j’étais pauvre, tout sourire
Mes poches percées
je les raccommode
de fil d’argent
Et je souris
à mes souris
quittant le navire

Une joie s’invite
quand la porte est ouverte
Alors, pourquoi une porte ?

Et la nuit se promène
sur le monde
Est-ce qu’elle a
un prénom ?

Pourquoi se pressent-ils ?
Leur train ne mène
nulle part

Jouer sur la planche
au dessus du vide
en haut de l’immeuble
Il neige, doucement
et les sirènes au loin se couvrent
de silence

Si je t’aime, si je t’aime
Si je t’aime, si je t’aime
Mon beau chat noir
au doux œil sombre
Pourquoi pleures-tu
pour une ombre ?



Le moustique est dev’nu mon copain,
quand il est mort
Il flotte

Ma cheminée crache noir
toute la nuitée
Quand je m’endors
elle s’assoupit
sans bruit

Si on y réfléchit,
il faut deux fois s’y reprendre
avant d’être heureux
Alors, ne plus penser

Depuis peu, je rumine
Je prends peur et termine
mes cauchemars de la veille

Le vent d’automne souffle sur mes jambes
Il berce mon effroi
Je pleure quand je pense à toi,
mon vieux… lampadaire

Ma rue sale…
étourdie
m’apprend l’ennui
Je lui prie de continuer sa route,
toute sale